1) Présentation et mise en contexte historique et géographique

Publié le 19 Juillet 2006

                                                        

                                                                   


L’histoire des peintures murales d’Irlande du Nord.






 
 
 
 
 

 
 

L’Histoire de
l’Irlande
à travers les peintures murales.
                        
 
                                                

           Bonjour,

     Ce blog a pour but de présenter les peintures murales d'Irlande du Nord aux visiteurs qui se seraient égarés sur la toile et seraient tombés par hasard sur mon adresse.
     J'ai photographié ces fresques entre juillet/août 1984 et juillet 2011 soit une période de vingt-sept années pendant lesquelles cette forme de langage politique n'a cessé de se développer en Irlande du Nord.
     Cette pratique de "propagande murale" n'a pas d'équivalent en Europe de part son étendue et sa diversité.
     Ce blog sera régulièrement alimenté en photos et articles sur le sujet (le samedi).
     Bon voyage.
     Alain Miossec.

 

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               L’Irlande du Nord fait partie du Royaume Uni et, est composée de six comtés de la  province de l’Ulster (zone vert foncé). Les trois comtés restants (zone vert clair) appartiennent à la république d’Irlande.

               Lors de la partition de l’île en 1921 à l’issue du conflit anglo-irlandais, la Grande Bretagne ne conserve que six comtés de la province historique car ils lui garantissent pour longtemps une majorité loyale à la couronne britannique et favorable à l’union avec la Grande Bretagne. 

               Ces sujets loyaux à la couronne sont des descendants des colons anglais et écossais qui, depuis le 17ème siècle se sont établis dans la province d’Ulster, sur des terres confisquées aux natifs.

               La domination de ces unioniste/loyalistes* sur les nationalistes est totale et présente dans tous les aspects de la société. Les unionistes détiennent les pouvoirs politique et économique et la population nationaliste est l’objet d'une discrimination à tous les niveaux de la société notamment pour le travail, le logement et le droit de vote.

                En 1969, le mouvement pour les droits civiques qui réclame la fin de ces discriminations est sévèrement réprimé par l’appareil policier qui est quasi-exclusivement composé d’unioniste/loyaliste.

               Cette répression entraîne une réactivation de l’Armée Républicaine Irlandaise (IRA) et marque le début d’un long conflit communément appelé, les Troubles.

               Le gouvernement d'Irlande du Nord répond à la montée en puissance de l'IRA par l'introduction de l'internement sans procès en août 1971. Le 30 janvier 1972, à Derry, à l'ouest de la province, une manifestation pacifique pour les droits civiques et la fin de l'internement sans procès est attaquée par les parachutistes qui tirent de manière indiscriminée sur la foule et tuent treize personnes. Cette date restera dans les mémoires sous le nom de : "Bloody Sunday" et entraîne un recrutement en masse de jeunes nationalistes dans l'IRA.

               En mars de la même année, le gouvernement britannique suspend l'assemblée d'Irlande du Nord (Stormont) et nomme un secrétaire d'état pour administrer la province.

               En 1974, une première tentative de restaurer le Stormont est mise en échec par une grève orchestrée par les groupes paramilitaires loyalistes.

               La montée en puissance de l'IRA est contrée par une politique de criminalisation à partir de 1976 qui visent à casser la solidarité de la population nationaliste, en les considérant comme des criminels de droit commun et non comme des combattants politiques.

               La lutte des prisonniers de l'IRA contre cette nouvelle politique de criminalisation aboutit en 1981 à une grève de la faim qui voit dix d'entre eux mourir.

               L'élection du premier d'entre eux, Bobby Sands, au parlement anglais et de deux autres grévistes au parlement irlandais, permet à Sinn Féin, parti politique au sein du mouvement républicain d'orienter la lutte sur le terrain politique.

               En 1985, une autre tentative de réinstaurer le parlement de Stormont échoue de nouveau et ce n'est qu'à partir de 1994 et du cessez le feu de l'IRA qu'un véritable processus de paix se met en place qui aboutit à l’Accord du Vendredi Saint en avril 1998.

               Cependant, en 2006, la société nord irlandaise reste très divisée, à l'image des partis qui n'arrivent pas à s'accorder pour former un gouvernement.

                Cette division se retrouve dans la répartition de la population par quartier selon la dénomination confessionnelle. (Carte ci-dessous, vert pour les catholiques et orange pour les protestants.)

                C’est dans ce contexte que se sont développées les peintures murales. On les trouve quasi exclusivement dans des quartiers « ouvriers » où la grande majorité de la population appartient au même groupe confessionnel et politique.

 

  * Le terme unioniste/loyaliste permet d’englober les partisans d’un maintien d’une union avec le Royaume-Uni, le terme loyaliste définissant les plus radicaux. Inversement, le terme nationaliste/républicains englobe les partisans d’une réunification de l’Irlande, les républicains étant les plus radicaux. 

   

Rédigé par Miossec

Publié dans #muralsirlandedunord

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